Réflexions sur le nouveau vaccin.
Tout d’abord permettez-moi de dire que j’ai beaucoup de mal à comprendre les « antivaccins » et encore moins leurs arguments !
Pour moi la vaccination a été un progrès énorme pour l’humanité, les anciens, confrontés à de terribles épidémie : Variole, peste, etc. auraient été très étonnés d’apprendre que la vaccination allait régler ces problèmes mortels. Ils auraient tant aimé en profiter !
À l’heure actuelle certains nient les effets bénéfiques des vaccinations, pourtant : Variole éradiquée, moins de personnes avec des séquelles de poliomyélite, moins de cas de tétanos et de surveillance de malades atteints par le bacile, (les fameuses gardes de tétanos au lit des malades restent un souvenir difficile du début de mes études), moins de morts de la rougeole etc…. Nier tous ces acquis me semble curieux, bien sûr on peut dire que c’est l’amélioration des conditions de vie et non les vaccinations qui ont apporté ce mieux. Cela a certainement aidé, mais on constate que dans nos civilisations à bon niveau de vie, ce sont des non ou mal vaccinés qui souffrent de rougeole, polio ou tétanos. En France, le tétanos a infecté 35 personnes de 2012 à 2017, dont 8 sont mortes, ces 35 cas sont survenus chez des gens mal ou pas vaccinés.
Que craignent les « antivaccins » ? Les effets secondaires, bien sûr, et ils sont réels, il ne faut pas les nier, mais ils sont très faibles par rapport aux conséquences de la maladie elle-même. Choisir entre le risque d’attraper la maladie d’un côté et celui de présenter des effets secondaires minimes de l’autre : il n’y a pas d’hésitation : c’est le vaccin qui est le moins dangereux. Choisir de ne pas se faire vacciner, c’est jouer à la roulette russe, tout en espérant que les vaccinés, ceux qui assument les effets secondaires, vont faire un rempart autour de soi. C’est une position assez personnelle et somme toute … égoïste.
Mais si les effets secondaires sont graves ? Sclérose en plaque, Autisme ? C’est cette rumeur apparue il y a quelques années au sujet du vaccin contre le cancer du col de l’utérus (qui est en fait un vaccin contre le HPV, papillomavirus humain) suspecté de provoquer des Scléroses En Plaques, qui a entrainé un fort retard à la vaccination, or il maintenant prouvé, quelques années plus tard, que c’est une rumeur infondée : Il n’y aucune relation entre la SEP et le Gardasil ! Mais le mal est fait et beaucoup soutiennent encore cette fausse accusation. Le vaccin contre l’hépatite B a engendré la même suspicion, là encore les études n’ont montré aucun lien de causalité, et le bénéfice/risque reste à l’avantage du vaccin. Il en va de même entre l’Autisme et le vaccin ROR, cette polémique apparue en 1998 est maintenant battue en brèche : Les études épidémiologiques n’ont pas retrouvé de lien entre la vaccination et l’autisme. Mais cela fait plus de 20 ans et nous rattrapons tout juste le retard causé, et des parents se servent encore de cette fausse accusation pour repousser le ROR…
J’ai bien du mal à comprendre ce rejet d’un progrès scientifique patent.
Quant à cette nouvelle vaccination contre le coronavirus, je vois passer, dans les réseaux sociaux, tant d’affirmations fantaisistes ou erronées que je vais tenter d’apporter quelques rectifications à certaines :
1° Affirmation : « ce vaccin a été fait en moins d’un an, c’est bâclé et on n’a pas de recul » :
Eh bien, pas tout à fait. Cela fait plus de dix ans, en fait depuis 2003, que des laboratoires travaillent sur cette possibilité, une étude plutôt orientée sur le traitement du cancer…. Mais l’opportunité d’essayer de l’adapter pour cette nouvelle maladie était tentante et permettait d’éviter toute une partie de recherche, puisqu’elle était déjà en cours. Par ailleurs, le processus est plus simple et là encore on gagne du temps lors de sa conception. D’autre part les moyens humains et financiers étaient quasiment illimités en 2020, du fait de la « carte blanche » accordée à l’industrie pharmaceutique par la plupart des pays riches. De ce fait, la quasi-totalité de l’industrie pharmaceutique et du monde médical et scientifique s’est consacré à cette seule et unique charge depuis le mois de février. Enfin alors que pour la plupart des essais, trouver le nombre de volontaires suffisant prend généralement des mois ou des années, en 2020 le recrutement n’a généralement pris que quelques jours ou semaines (et il a même fallu refuser des volontaires). Mais on ne peut avoir une idée valide de l’efficacité qu’une fois que l’on a suffisamment d’infections dans le groupe témoin (placebo), et que ce nombre est significativement supérieur aux infections dans le groupe vacciné. Or il est parfois difficile d’avoir d’obtenir un groupe témoin de 18 000 ou 22 000 personnes qui accumule suffisamment d’infections pour pouvoir calculer un résultat valide. C’est le cas dans les maladies qui font quelques centaines de cas par an, il faudra alors attendre plusieurs années. Mais dans le cas du Covid qui fait plusieurs dizaines ou centaines de milliers de cas par JOUR dans la population générale, il sera très rapide (quelques semaines) d’arriver à des chiffres satisfaisants.
2° affirmation : « on ne connaît pas les effets indésirables. »
Or, Les effets indésirables des vaccins se manifestent quasiment systématiquement dans les premiers jours (en pratique, dans les 48 premières heures généralement). C’est la raison pour laquelle toutes les études de sécurité sur les vaccins portent généralement sur quelques jours, quelques semaines au plus.
Peut-il y avoir des effets indésirables à long ou moyen terme ? Nul ne peut l’exclure, cependant cela fait quelques années que ce type de vaccin et expérimenté et n’a pas eu d’effets néfastes à moyen ou long terme. À ce stade, Il semble donc que les effets néfastes qui pourraient survenir seraient, de toutes manières, moins dangereux que la maladie elle-même, c’est un risque à courir et il est très faible ! en effet : Ce vaccin a, à notre connaissance, été testé sur plus de volontaires que n’importe quel autre vaccin, à ce jour. La surveillance des effets secondaires a été continue, plus rapprochée, et plus longue qu’elle ne l’est habituellement pour un vaccin, et elle va se poursuivre… Pendant 2 ans. Aucun problème de sécurité notable n’est intervenu. La raison pour laquelle ce vaccin a été autorisé en moins d’un an, c’est parce qu’il a démontré son efficacité de façon éclatante en moins d’un an, à cause de la pandémie massive en cours.
Je passerai sur d’autres affirmations farfelues comme l’injection de la 5G ( ???) pour préciser qu’en aucune cas le vaccin à ARN messager ne pourra intervenir sur notre ADN…..
Pour conclure, vous avez compris que je suis favorable au vaccin et je pense même que cette nouvelle technique, les vaccins à ARNm (dix ans d’études quand même) va être une découverte qui sera à la hauteur de la découverte des vaccinations, de la pénicilline ou de la radiologie. La science commet des erreurs, encore que ce soit plutôt dans l’utilisation de ces découvertes, mais elle fait aussi de belles avancées surtout dans le domaine de la médecine. Alors sachons prendre quelques risques hypothétiques pour obtenir un mieux….
Bertrand Sergent, le 2 Janvier 2021.