Espérance de vie et Humour (noir)

Le rôle des médecins sur l’espérance de vie.
Ou réflexions humoristiques (humour noir !) sur la retraite, l’euthanasie et la vieillesse.

Tout d’abord, il nous faut reconnaître que les médecins sont un peu responsables de l’allongement de la durée de vie. Pas seulement peut être, on parle d’hygiène de vie de qualité de l’alimentation etc.. Mais les progrès de la médecine y sont certainement pour quelque chose.

Mais de plus, non contents d’augmenter la durée de vie, les médecins prolongent la vie de malades : je m’explique, il y a 50 ans quand je commençais mes études, on disait que les patients pouvaient se remettre d’un infarctus du myocarde, parfois d’un deuxième, jamais de trois… Or aujourd’hui c’est tout à fait possible, et de plus stents et autres traitements évitent les rechutes… Donc le patient survit plus longtemps, mais avec de multiples précautions et des traitements. Autrement dit on doit lui verser sa pension plus longtemps, et en plus la caisse rembourse ses traitements jusqu’à la fin de sa vie.

De même certains ont fait remarquer que, pendant l’épidémie de covid, nous utilisions les gestes « barrière » pour épargner les plus fragiles et les plus vieux d’entre nous. Or étais-ce bien raisonnable, maintenant ils ont survécu et il faut payer leur retraite ! (Ok ! Je vous rappelle que j’avais annoncé de l’humour et de l’humour noir…)

Dans le même ordre d’idée tout le monde s’interroge sur l’euthanasie… là encore ce serait autant de pensions à ne plus régler. (Humour noir, toujours !!!)

Il y a plusieurs années, je faisais remarquer que l’on versait une prime aux agriculteurs à chaque arbre fruitier qu’ils devaient abattre. Alors pourquoi ne pas verser au médecin traitant une prime pour chaque patient un peu âgé qu’il aurait l’occasion de faire euthanasier. (Humour Noir encore !!!) 

Bien sûr, je suis incapable d’envisager réellement ce genre de solutions ! Sauvegarder la vie humaine est essentiel pour le médecin que je suis. Seule la douleur incontrôlable peut modifier mon attitude. Cependant nous devons nous interroger sur les conséquences sociales et économiques de l’allongement de la vie et de la responsabilité de la médecine. Que voulons nous des médecins qui soignent et qui sauvent ?

Il est à craindre que l’affaire se tasse d’elle-même, car avec ce « docbashing » permanent, cela décourage de devenir soignant…  Les médecins de terrain vont manquer, les gens iront chez les guérisseurs et la durée des retraites sera réduite d’autant (Humour noir … Quoique !)   

Bertrand Sergent avril 2023