Mon avis sur les ondes électromagnétiques des antennes relais :sont-elles dangereuses ?

Le progrès entraine une réflexion sur les risques et conséquences et c’est normal. Il est important de s’interroger sur l’avenir. Certaines découvertes entrainent des effets néfastes. La découverte de l’atome a produit la « bombe atomique », mais lors de la création des trains certains pendant qu’au-delà de 30 kilomètres/heure le sang de l’homme coagulait et qu’il allait en mourir. Fallait-il sous le prétexte d’un principe de précaution interdire les trains ? Quelle attitude adopter pour l’atome ? Faut il refuser tout progrès pour éviter les risques potentiels ?

La possible implantation sur la commune d’antennes relais pour les ondes électromagnétiques, dont la 5G, a relancé le débat. Comme c’est le cas dès que les preuves scientifiques mettent du temps à venir, deux camps se sont réveillés et se font face. D’un côté ceux qui affirment (ce qui est vrai) que l’innocuité de ces équipements n’a pas été démontrée. De l’autre (ce qui n’est pas faux), ceux qui font remarquer que leur éventuelle nocivité n’a jamais été confirmée.

Seules les études scientifiques bien conduites et …le temps, peuvent répondre à cette question.
Malheureusement, pendant cet intervalle de recherche de preuves, pouvant s’étaler dans le temps, les théories surgissent des deux camps opposés, théories qui s’appuient plus sur des convictions, des croyances (et même sur une forme de foi), que sur des raisonnements scientifiques… Ce qui rend les débats difficiles.

C’est sur la nocivité des ondes produites par les antennes relais que la discussion s’est lancée :
Le sujet est vaste et je ne pourrai être réellement exhaustif.

Tout d’abord il semble maintenant prouvé qu’aucun système sensoriel humain permettant de percevoir les champs électro-magnétiques utilisés par la téléphonie mobile n’ait pu être identifié, c’est ce qu’estime l’Académie de médecine. Des dizaines d’études ont été effectuées ; elles ont montré à la quasi-unanimité que les sujets se disant électro-hypersensibles, bien que manifestant des troubles variés en présence de dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques, sont incapables de reconnaître si ces dispositifs sont actifs ou non. Les études suggèrent un effet nocebo. Bien sûr, ces affirmations sont mal perçues par les électro-hypersensibles, pourtant les médecins reconnaissent qu’ils souffrent mais n’arrivent pas à en définir la cause. Il est plus facile de dire : « ce sont les ondes » ainsi on répond à la question. C’est un mauvais service à leur rendre, car ce diagnostic étant probablement faux cela ne fait pas avancer la recherche de la cause et par là le traitement.

Pour les chiffres du niveau des ondes on sait maintenant que le niveau d’émission des portables est beaucoup plus élevé que celle des antennes relais. En effet, les antennes de téléphonie mobile entraînent selon les académiciens une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables : être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes.

L’Académie nationale de médecine, l’Académie des sciences et l’Académie des technologies ont constitué un groupe d’experts qui a multiplié les études sur le sujet des ondes et le rapport conclut : « Au vu de l’analyse détaillée et critique des travaux effectuée par le groupe de travail, et compte tenu par ailleurs de l’état antérieur des connaissances, aucune preuve convaincante d’un effet biologique particulier des radiofréquences n’est apportée pour des niveaux d’exposition non thermiques, dans les conditions expérimentales testées. »
Rien n’est vraiment prouvé et il convient de continuer les études.

Il est dommage que certaines études plus anciennes aient été présentées comme « incontestables » invitant à réduire l’exposition aux antennes-relais. Elle se sont révélées inexactes. Et rien n’en ressort ni du rapport scientifique de l’Afsset, ni des conclusions des autres rapports récents, ni de l’analyse de ces études. Des mesures de réduction des expositions ne peuvent aujourd’hui relever que d’une décision de gestion politique.

Les académiciens de l’Académie des sciences et l’Académie des technologies, soutiennent la réflexion conduite actuellement sur une Charte de l’expertise qui éviterait la traduction inexacte des données de l’expertise scientifique en termes de mesures sanitaires.
Ils recommandent de poursuivre les recherches épidémiologiques et biologiques dans le domaine des radiofréquences, en veillant à une méthodologie rigoureuse.

Les Académies alertent sur une réduction irréfléchie de l’exposition aux antennes-relais qui pourrait aboutir à un effet inverse pour la grande majorité des Français, sans bénéfice sanitaire pour les autres.

Enfin en 2024, L’OMS donne un avis tranché sur les ondes radio : Auprès d’une équipe de spécialistes menée par le chercheur australien Ken Karipidis, l’OMS a commandé une revue systématique massive de plus de 5 000 publications sur le sujet, réalisées entre 1994 et 2022. En analysant ces études, et plus spécifiquement une soixantaine d’études plus longues et complètes que les autres, leur constat est sans appel : « l’exposition aux émissions radio des technologies sans fil est sans danger pour la santé humaine. »
L’OMS ajoute que de précédentes études ont certes pu classer les ondes radio comme potentiellement cancérogènes, par principe de précaution, mais celles-ci se basaient sur beaucoup moins de données (souvent biaisées qui plus est) que celles qui nous intéressent ici. Il s’agit pour le moment de l’étude la plus sérieuse et complète sur le sujet des ondes et de la santé humaine.

De plus, les ondes radio en provenance d’antennes relais ou de stations, ou l’exposition régulière aux ondes radio, n’augmentent pas non plus le risque de cancer du cerveau. Nous pouvons donc continuer à vivre sereinement au milieu des ondes, d’autant que ce sont probablement les microplastiques dans notre organisme qui nous tueront en premier.

Je partage l’opinions de ces scientifiques, bien sûr on peut rétorquer qu’ils sont tous payés par des lobbys, influant sur leur conclusions …. Mais cela me semble un peu « facile » comme argumentation.
Don Quichotte se battait contre les moulins à vents, ne nous battons pas contre des antennes relais, Ne nous trompons pas de combat. La lutte pour l’écologie OUI, le refus de tout progrès NON.

Bertrand Sergent.