Ce que m’a appris la COVID, Septembre 2021.

Ce que m’a enseigné l’épidémie ? Elle m’a appris :

– Que beaucoup de gens en savaient beaucoup plus que moi sur la médecine.
– Que 10 années de faculté de médecine et 40 ans de pratique ne pesaient pas lourd devant les informations glanées sur internet.
– Qu’un médecin était moins écouté qu’un paramédical, qu’un prof de yoga ou qu’un journaliste.
– Que certains ont inventé et diffusé des fakenews.
– Que parfois c’était des personnes très qualifiées.
– Que même de grandes personnalités scientifiques peuvent se fourvoyer.
– Que d’autres qui n’y connaissaient rien ont repris à leur compte et relayé ces Fakenews.
– Que cette quantité de fakenews a submergé et pollué le discours scientifique.
– Que pour certains, contre toute attente et malgré les preuves, la peur du vaccin est supérieure à la peur de la maladie.
– Que les preuves n’en sont pas, quand on ne veut pas les voir.
– Que la moindre fakenews, qui semble confirmer ce en quoi on croit, est prise pour vérité. Alors que la preuve qui contredit le mensonge est niée.
– Que je n’ai toujours pas compris ce qui pousse les gens à prêcher le faux ? : un intérêt personnel, se présenter comme rebelle, ou comme gourou, ou simplement se faire mousser. ?
– Que l’on préfère écouter ceux qui vous disent ce que vous souhaitez entendre plutôt que celui qui vous parle doute et vérité parfois sombre.
– Que la science c’est l’incertitude, le doute, la réflexion qui précède les affirmations.
– Que la nouveauté fait peur et que l’on préfère se rouler en boule et attendre que cela passe au lieu de se battre.
– Qu’il vaut mieux dire : « je ne sais pas et je cherche », plutôt que dire : « j’ai trouvé », quand on ne sait encore rien.
– Que certains se prétendent thérapeutes mais font plus appel à la foi qu’à la science.
– Que la foi sauve, peut-être, mais elle sauve l’âme pas le corps.
– Qu’il faut laisser les religieux et les gourous soigner l’âme et les médecins le corps.
– Que pour beaucoup la liberté individuelle prime sur l’intérêt collectif.
– Que, pour d’obscures raisons, on peut se permettre d’insulter des thérapeutes qui cherchent simplement à soigner.
– Que même l’enseignement de l’histoire (l’acquis des vaccinations sur de grandes épidémies) est nié afin de promotionner ses croyances du moment.
– Que lutter contre les innombrables mensonges est illusoire.

– Que c’est bien triste.

Mais mon épouse, médecin elle aussi, m’a fait remarquer que nous avions aussi appris :

– Que nous pouvions recentrer la production vers l’Europe afin d’être plus indépendants.
– Que nous pouvions moins consommer.
– Que nous pouvons trouver un vaccin rapidement si on y met les moyens.
– Que la majorité des soignants se sont fait vacciner.
– Que la plupart des soignants ont été formidables et dévoués.
– Que notre pays avait mieux géré la crise que d’autres.
– Que la culture était essentielle.
– Que les relations humaines étaient importantes.
– Que les évidences des uns ne sont pas celles des autres.
– Que le monde est en perpétuel changement.
– Que les gens craignent l’incertitude.

– Que nous n’étions pas immortels.

Bertrand Sergent. 19 septembre 2021.